| | Mise en ligne en mars 2005 Pierre Prigent Ils ont filmé l'Invisible
Edition : Paris, Ed. Cerf, 2003, 242 p., 20 €
Théologien exégète, P.P. a longtemps enseigné le N.T. à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg. Ses ouvrages sur l’Apocalypse et l’Évangile de Jean sont très connus. Il s’est par ailleurs intéressé depuis longtemps à l’analyse de l’image, fixe d’abord puis cinématographique. Il a publié en 1997 un Jésus au cinéma (Labor et Fides). Poursuivant dans cette voie il aborde cette fois la question de la transcendance au cinéma à travers 24 films dont il analyse méthodiquement les images et dont il nous rapporte parfois d’importantes citations. S’il nous conseille de voir d’abord le film, sa réflexion et ses découvertes représentent pour les spectateurs un apport considérable pour leur propre compréhension. "Je suis un théologien" précise P. Prigent et c’est donc de ce point de vue qu’il interroge les films "en leur demandant ce qu’ils disent et sous-entendent sur leur conception de l’homme, du monde et de Dieu". Bien que déclarant ne pas avoir "les compétences nécessaires qui sont d’ordre filmographique", cette approche du 7ème Art convaincra le lecteur que point n’est besoin d’être un "cinéphile" pour faire sortir d’une oeuvre, non pas son message explicite et définitif car cela est impossible, mais les éléments d’un dialogue subjectif avec l’auteur. Cette approche personnelle du théologien entraînera à son tour un dialogue enrichissant avec chaque spectateur.
Et puis, pour poursuivre les conseils de ce guide, "revenez au film : il n’est pas impossible que vos réflexions ultérieures en soient un peu encouragées !" Et lorsqu’il s’agit de méditer à travers 24 chefs-d'œuvre sur les multiples façons dont la transcendance traverse les combats, les souffrances et les amours des humains, on ne doutera pas qu’aller au ciné ou regarder une cassette peut être une autre manière de s’interroger sur sa propre spiritualité. Certes Dieu n’est jamais le sujet de ces films, mais une aspiration vers cet "Autre chose", cet "Ailleurs qui ne vient pas du ciel mais qui plane au-dessus de la tête des hommes" et dont Bergman, Fellini, Eastwood, Kieslovski et les autres rendent compte. Du Festin de Babette aux Ailes du désir en passant par Mouchette, le Sacrifice, Breaking the Waves ou Jour de Colère, voilà beaucoup de belles occasions de saisir avec profit ces traces de Dieu dans le monde, reconnues comme les signes d’une Transcendance dont la quête ne s’épuisera jamais. (Domon Jean) |